Les malchanceux passagers se retrouvent la tête en bas pendant plus d'une heure

Capture d'écran © WW

Capture d'écran © WW

Cette histoire incroyable aura bousculé les codes et renforcé la sécurité au sein des parcs d'attractions. C’était il y a tout juste vingt cinq ans. Le mercredi 27 août 1997 vers 17h, le Sirocco, grand huit à sensation de Walibi à Wavre en Belgique, se met en marche pour un nouveau tour. Mais l’attraction manque de puissance au moment de s’élancer.

Le Sirocco ne va pas assez vite et s’immobilise au milieu du looping. Les 26 passagers se retrouvent la tête en bas. C’est le début d’un calvaire de plus d’une heure pour ces amateurs de sensations fortes. Le train est en parfait équilibre dans le looping, complètement bloqué. Un mauvais concours de circonstances que même les ingénieurs qui ont conçu l'attraction n'avaient pas prévu. La probabilité que ça arrive étant proche de nulle. Le looping n'a pas été créé comme une boucle parfaite, mais comme une goûte d'eau inversée, pour en diminuer son intensité gravitationnelle, mais aussi pour éviter ce genre d'incident. En cas de manque de puissance, le train aurait dû théoriquement redescendre d'un côté ou de l'autre.   

Les pompiers arrivent mais leur intervention est compliquée. La manœuvre est dangereuse. Vers 18h23, c’est finalement à l’aide d’une nacelle que le train est poussé et redescendu avec les 26 infortunés passagers. Neuf personnes sont emmenées à l’hôpital pour observation, mais le quitteront une heure plus tard.

C’est la première fois que le Sirocco connaît pareille panne avec des personnes coincées dans cette position. L’enquête démontrera que le "bob"(n°6 sur le schéma ci-dessous), une pièce du système de propulsion, s’est brisée au lancement du train. L’attraction s’est arrêtée à cet endroit par un malheureux hasard. Le "bob" est censé pousser le train jusqu'en bout de course de la zone de propulsion, juste avant le looping, lui même tiré par un câble entrainé par un moteur à volant d'inertie (système connu sous le nom de Flywheel Launch).

© Schwarzkopf.net

© Schwarzkopf.net

Propulsé en 4,5 secondes à 85 km/h, le Sirocco c'est un parcours aller-retour de 220 mètres en ligne droite ponctué d'un vertigineux looping. Les flèches quant à elles culminent à 42 mètres. Une aventure express de 36 secondes pour les plus intrépides au cœur bien accroché.    

L'indicent de ce fameux jour d'été 97 a marqué les esprits et contribué à forger la légende du Sirocco, les images ont fait le tour du monde. Toute la presse était là, venue même de l’étranger. Walibi a eu 10% de visiteurs en plus les mois qui ont suivi. Tous voulaient voir le Sirocco en vrai. En 1999, d'importants travaux d'insonorisation ont lieu et il est rebaptisé Turbine. Le circuit est partiellement couvert, station d'embarquement, zone de propulsion et le looping auquel on ajoute une passerelle mobile d'évacuation.  

Aujourd’hui le Sirocco est toujours bel et bien présent au sein du plus célèbre des parcs d’attractions belges. Un grand huit entièrement en intérieur et totalement rénové en 2013, il porte le nom de Psyké Underground. Outre son cloisonnement complet flèches comprises, le système de propulsion Flywheel Launch a été remplacé par un système électrique de type LIM (linear induction motor). Psyké Underground bénéficie également d'un train de dernière génération, adapté au système de propulsion et aux normes de sécurité actuelles. Une modernisation réalisée par l'entreprise allemande Gerstlauer, titulaire actuel des brevets du constructeur d'origine.

L'arrivée du devenu culte Sirocco en 1982 ne s'est pas fait sans mal, avec déjà à l'époque quelques riverains soucieux de leurs quiétudes. À la fin de l'année 1981, le créateur de Walibi, Eddy Meeùs apprend par hasard que le constructeur allemand Anton Schwarzkopf souhaite vendre un exemplaire d'un Shuttle Loop qui était fabriqué pour un parc d'attractions japonais qui a fait faillite entre temps.

Il reçoit une offre d'achat à 75 millions de BEF (environ 1,8 million d'euros) de la part d'Anton Schwarzkopf qui lui assure que cette attraction lui apportera 300 000 visiteurs de plus sur une saison. Eddy Meeùs lui propose alors un marché, il achète l'attraction pour 45 millions et rajoute 30 millions si l'augmentation de la fréquentation est celle que Schwarzkopf lui promet. Le fabricant accepte et début 1982, le Sirocco accueille ses premiers visiteurs.

La saison se déroule bien, le parc accueille cette année-là 950 000 visiteurs (contre un million l'année précédente), et vu que l'objectif des 300 000 visiteurs de plus n'est pas atteint, Eddy Meeùs gagne son pari avec Schwarzkopf. Il n'existe plus à ce jour que 4 exemplaires au monde encore opérationnel de Shuttle Loop Schwarzkopf

© 2022 WW

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :