Bagatelle (France)

Dix heures, ce vendredi 11 avril au matin. Le Triops, le monstre d’acier du parc d’attractions Bagatelle (Nord-Pas-de-Calais, France), se bloque à plus de 30 mètres du sol, après une série de loopings. Les commandes du manège ne répondent plus : quatorze personnes sont suspendues dans le vide. L’agitation est visible depuis la route de Merlimont.

Heureusement, il s’agit d’une simulation poussée à « l’extrême » afin d’entraîner les sapeurs-pompiers à intervenir dans des conditions réelles. Toutes les victimes sont des secouristes en civil, qui ont accepté de jouer les cobayes.

Bagatelle (France)

Vingt pompiers spécialisés dans les interventions en milieu périlleux s’activent en bas de la bête. Trente minutes se sont déjà écoulées. Les secouristes grimpent les marches, se cordent, entrent en contact avec les personnes bloquées pour les rassurer… « Lui, il souffre, lance le lieutenant Jean-Pierre Tournay. Il commence à sentir des douleurs au dos. D’autres ont mal au niveau des cuisses. »

Un médecin descend en rappel pour ausculter une victime, dans le vide, à quarante mètres du sol. Pendant ce temps, les pompiers déverrouillent les premiers harnais de sécurité et descendent une première victime à la corde au bout de cinquante minutes. « On évacue en priorité ceux qui sont face au vide. Ils sont dans la position la plus inconfortable. »

Bagatelle (France)

Les heures défilent. Certaines victimes gardent le sourire, plaisantent entre elles ou immortalisent la scène en se photographiant avec leur portable. D’autres sont plus crispées et s’impatientent. C’est la première fois que des cobayes sont mobilisés. « La première année, on avait utilisé des bidons d’eau et l’an dernier des mannequins, précise Jean-Pierre Tournay. C’est sûr que ce n’est pas la même configuration. On s’approche des conditions réelles. »

Le lieutenant note toutes les étapes avec précision sur une feuille. « On reviendra sur l’opération lors d’un debrief pour voir ce que l’on peut améliorer. » Le directeur du parc, Vincent Timpani, monte les marches à son tour, prend le pouls des opérations. « C’est important, pour eux comme pour nous, note-t-il. Ça nous permet d’être le plus efficace et le plus rapide possible en cas de problème, même si c ’est quasiment impossible que cette situation arrive. Nous avons un système de déverrouillage manuel. »

Trois heures sont déjà passées. Neuf des quatorze victimes ont été évacuées. Pour les dernières, il faudra encore attendre quelques minutes avant de retrouver les pieds sur terre. Jusqu’à l’année prochaine…

© 2014 Thomas B. - LVN

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